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Homélie du 25ème dimanche du temps ordinaire

dimanche 24 septembre 2017, par JMRoche

25ème dimanche A 2017 – Is 55,6-9 ; Ps 144 ; Ro 1,20-27 ; Mat 20, 1-16

Jésus raconte cette parabole après avoir appelé un jeune homme riche à le suivre et après avoir expliqué à ses disciples qu’un repositionnement des hiérarchies sociales se fera tôt ou tard en fonction des risques que les uns et les autres auront pris pour son nom, autrement dit des risques que les uns et les autres auront pris pour donner un corps à son nom. Si l’on tient compte de cela, l’appel à travailler la vigne est la figure de l’appel à porter le nom de Jésus Christ et à lui donner corps. Et qui répond à cet appel, que ce soit à la première ou à la dernière heure, incarne tout autant le Christ. Et qui répond à cet appel, que ce soit à la première ou à la dernière heure, reçoit exactement le même salaire : il est Christ parce qu’en sa chair et par sa chair il aime notre Père et nos prochains à la suite de Jésus Christ. C’est ainsi que les premiers et les derniers se rejoignent !

Mais selon cette parabole, il est tout à fait possible de s’épuiser à donner corps à l’amour de Dieu à la suite de Jésus comme on travaille afin d’obtenir la meilleur note ! Jésus met en garde Pierre et ses camarades. Qu’ils ne s’imaginent pas être les meilleurs parce qu’ils seraient les apôtres, c’est-à-dire la première promotion de missionnaire et d’évangélisateur. Ils seront rattrapés sans être dépassés, par d’autres qui viendront bien après eux, tout simplement parce que tous bénéficient de la même récompense : être pleinement Christ à la suite de Jésus ! Ainsi cette parabole décrit parfaitement l’abîme évoqué par Isaïe qui sépare nos pensées des pensées du Seigneur.

Paul en répondant à l’appel du Seigneur a fait son deuil de toute excellence et de toute primauté. Appelé après la première vague, convaincu de n’être qu’un avorton d’apôtre, il n’est obsédé que par le travail auquel il a été appelé : donner corps au Christ tant dans la vie que dans la mort. Il aurait même une petite préférence pour la mort mais il accepte de vivre pour le Christ dans la mesure où cela présente une certaine utilité. Pourquoi cette préférence pour la mort ?

Vraisemblablement parce c’est moins compliqué et aussi parce que c’est les retrouvailles avec Jésus Christ et le face à face avec le Père, lui qui reste caché dans le secret pour les vivants ! Là encore nous avons affaire à une rationalité déroutante. Mais pourtant personne n’a mieux exprimé que Paul, si ce n’est Jésus, ce qu’est l’existence chrétienne, ce qu’est la vie filiale, à laquelle nous avons été appelés au jour de notre baptême. En effet lors du baptême, notre chair est touchée par le même appel que celui qui mobilise les ouvriers en attente sur la place publique.

Mais qu’avons-nous fait de cet appel ? Il se peut que nous soyons partis travailler à la vigne mais que nous nous en soyons lassés et que nous soyons passés à la culture des patates, des courgettes ou des carottes. Il se peut que le travail soit si dur, car aimer à la suite du Christ est crucifiant, que nous nous soyons découragés. Et que pourrions-nous faire pour aider nos compagnes et compagnons engagés comme nous à la suite du Christ ? Peut-être sont-ils en difficulté et ne le percevons-nous pas ! Enfin faisons bon accueil aux derniers arrivés dont le dynamisme ne peut que nous vivifier !

Olivier Petit.

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