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Méditations lors de la célébration pénitentielle

jeudi 21 décembre 2017, par JMRoche

Célébration pénitentielle du mercredi 20 décembre en l’église Notre Dame Saint Louis.

Cette célébration a été ponctuée de trois méditations que vous trouverez ci-après.

1) Méditation à partir de Marc 1,1-8.

Au début de l’évangile selon St Marc, Jean Baptiste proclame un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Il appelle les gens à signifier une réorientation de leur existence par un plongeon dans le Jourdain afin de soigner les péchés. Pour Jean Baptiste, il est donc possible de sortir du péché à condition de faire œuvre de vérité sur l’orientation donnée à son existence et sur ses actes. Et tous les habitants de Jérusalem l’entendent et se font baptiser par lui en avouant leurs péchés !

Mais ce baptême, cet aveu et cette réorientation préparent un autre baptême : le baptême dans l’Esprit Saint qu’opérera celui dont Jean Baptiste n’est pas digne de dénouer la courroie. Ainsi qui rencontrera vraiment le Christ sera saisi par l’Esprit qui l’habite et l’anime.

Qu’ils soient questions de baptêmes, c’est-à-dire de plongeon et de bain, met nos corps au centre. Une mauvaise orientation les met en danger en les exposant au péché, mais ils peuvent aussi être réorientés pour être saisis par l’Esprit Saint et partager la trajectoire du Christ.

Par son habitat, son habillement et sa nourriture Jean Baptiste donne quelques indications sur les péchés et l’orientation qui les rend possible. En habitant au désert, en s’habillant on ne peut plus simplement et en se nourrissant d’aliments non cuisinés, il manifeste la volonté de rompre avec les objets produits par la culture. Ces objets matériels, conceptuels et idéologiques, sont donc terriblement destructeurs, notamment par leur accumulation, pour le corps, où le Verbe de Dieu est appelé à s’incarner. A sa manière le pape François y fait écho en dénonçant l’actuel culture du déchet !

Interrogeons-nous donc sur notre rapport aux objets, aux choses, qui peuplent nos existences … Quelle place prennent-ils dans nos existences ? En sommes-nous libres ?

2) Méditation à partir de Marc 3,22-30.

Le blasphème contre l’Esprit est une inversion selon laquelle l’Esprit Saint qui anime l’action de Jésus Christ est déclaré diabolique ou démoniaque. La bonne action devient alors une mauvaise action ! Ce péché est sans remède car ce dernier sera alors dénoncé comme poison !

Jésus définit ce péché extrême à partir de l’attitude de scribes descendus de Jérusalem à Capharnaüm pour l’évaluer. Il est donc ici le fait de spécialistes des Ecritures que l’on pourrait qualifier d’exégètes et de théologiens ! Comment peuvent-ils être capables d’un péché pareil malgré leur science et compétence ? Probablement parce qu’il est inacceptable qu’un galiléen inculte agisse avec puissance pour Dieu et réussisse mieux qu’eux les Judéens cultivés résidant à la capitale !

Jésus nous parle de ce péché pour nous alerter, pour éveiller notre vigilance et nous amener à nous demander si nous n’en serions pas capables ? Ainsi pour Jésus ce péché impardonnable peut quand même être évité pour peu que nous nous interrogions sur nos appréciations et jugements. Quels critères utilisons-nous pour évaluer les actes posés par nos proches ? Ne sommes-nous pas contaminés par des préjugés culturels, sociaux, idéologiques, racistes ? Arrivons-nous à reconnaître la justesse et la sainteté d’une action sans tenir compte de l’image de la personne qui la pose ? Arrivons-nous à nous ajuster sur l’Esprit Saint à l’œuvre en notre monde ?

3) Méditation sur Marc 12,28-34.

Je distingue trois commandements en ce texte : l’amour de Dieu, l’amour du prochain et l’amour de soi-même puisque pour aimer le prochain, il faut s’aimer … Où en sommes-nous de chacun de ces trois amours ?

L’amour de Dieu est extrême … Il faut l’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa force. Mais bien souvent, le point faible est l’intelligence. L’amour de Dieu chez les croyants est souvent plein de ferveur et d’énergie mais aussi plein de bêtise. Sommes-nous des amoureux intelligents de Dieu ? Est-ce que nos dévotions, nos gestes de piété sont intelligents, sont sensés, sont raisonnables ? Ou bien ne sont-ils pas bêtes, insensés et déraisonnables ?

Avons-nous pour notre prochain comme pour nous-mêmes de la bienveillance et de la lucidité ? Ne demandons-nous pas à notre prochain et à nous-mêmes la perfection qui caractérise Dieu ? Et prétextons-nous pas de l’incapacité du prochain et de notre incapacité pour alimenter des déceptions et une amertume en laquelle nous trouvons un plaisir pervers ?

Olivier Petit.

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