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Homélie du Jeudi Saint

vendredi 30 mars 2018, par JMRoche

Jeudi Saint 2018.

L’agneau pascal est un agneau sans défaut. Son sang étalé sur les linteaux de la porte protège les premiers nés d’Israël de l’ange exterminateur. Il est rôti c’est-à-dire cuit sans être démembré. Et il est mangé avec du pain sans levain et des herbes amères ce qui risque fort de susciter le désir de manger autre chose. Et il faut être en tenue de voyage.

La cohérence de ces figures apparaît si l’on se tourne vers Jésus. Nous reconnaissons alors en cet agneau pascal l’annonce d’un fils premier-né, issu d’Israël, indemne de tout péché, dont le sang répandu vivifie et propulse qui en bénéficie.

Relisons l’Evangile afin de voir comment Jésus honore cette prophétie. Tout d’abord notons qu’il se positionne en Seigneur et maître et qu’il ne s’abaisse jamais. En effet, il n’est pas écrit qu’il s’abaisse pour laver les pieds. Et l’imaginer supprime l’une des énigmes du texte au lieu de l’interpréter. Imaginer ce que les textes ne disent pas, c’est les stériliser et s’opposer à l’Esprit Saint. En effet, celui-ci les a inspirés tels qu’ils nous sont donnés afin d’orienter et guider nos interprétations. Constatons qu’en St Jean Jésus ne s’abaisse jamais si ce n’est pour écrire sur le sol quand on lui amène la femme adultère. Par contre il est souvent question de son élévation ! Ainsi Jésus, y compris dans sa passion est dans une dynamique ascendante passant par la mort et la résurrection qui le fait accéder à une position suffisamment haute pour devenir une référence visible universellement et éternellement.

Mais en quoi consiste cette Seigneurie que Jésus affirme en lavant les pieds de ses disciples sans s’abaisser ? Pour comprendre ce qu’elle est, lisons ce qu’il fait. Il se déshabille. Il se noue un linge autour de la taille puis il lave les pieds des disciples. Et le petit dialogue de Jésus avec Pierre nous apprend qu’ainsi Jésus donne à ses disciples d’avoir part avec lui. Par ce geste Jésus attache à son corps les corps de ses disciples. Et grâce à cet accrochage il les entraine dans sa mort et sa résurrection. Tel est le voyage auquel il faut se préparer dès lors que l’on devient disciple du Seigneur ! Ainsi Jésus aime jusqu’au bout les siens en les engageant dans une dynamique dont on n’est pas près de voir le bout !

Jésus est donc maître et seigneur parce qu’il associe à sa victoire prochaine ses disciples et ceux que ces derniers s’accrocheront à leur tour puisque Jésus leur demande de déployer l’exemple qu’il leur donne en leur lavant les pieds. Mais les disciples et ceux qu’ils accrocheront à leur suite passeront par mort et résurrection parce qu’ils seront eux-mêmes vivifiés par ce sang dont Jésus est porteur, par cette vie dont Jésus est porteur.

Comment recevons-nous cette vie, ce sang ? En tenant ce lien dont le linge qui relie le corps de Jésus aux disciples est la figure. Pour nous catholiques ce lien passe par les sacrements. Ils nous associent au corps ressuscité de Jésus et nous en communiquent la vie, le sang, sans lesquels nous ne pourrions pas aimer à la suite de Jésus, et diffuser cette même vie.

Ainsi nous ne communions pas pour recevoir Jésus en nous et dans notre cœur comme on le dit parfois niaisement aux enfants. Nous communions pour faire corps avec Jésus afin d’en partager la mort et la résurrection et afin de devenir nous-mêmes des liens entre le Seigneur et ses créatures.

Communions au corps et sang du Christ, aussi peu machinalement que possible, tout en rendant grâce du fond du cœur !

Amen.

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