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Homélie du 5ème dimanche de Pâques

lundi 30 avril 2018, par JMRoche

Homélie du cinquième Dimanche de Pâques

La plupart des observateurs habités par une claire vision du monde, et portés également par un esprit d’objectivité reconnaissent et affirment que, le fait le plus marquant de notre temps est la lutte pour la liberté et la lutte pour la reconnaissance. Tout homme, tout peuple, toute communauté est toujours en quête permanente de ces deux valeurs si chères à notre humanité. La montée extrême de la violence, les guerres, le terrorisme trouvent malheureusement aussi leurs fondements dans l’absence ou la mauvaise gestion de ces valeurs. La question semble un peu plus complexe lorsque, ceux-là mêmes qui privent la liberté aux autres et étouffent tous leurs efforts de reconnaissances ne supportent pas qu’on attire leur attention sur les nombreux malheurs dont ils sont auteurs. Ils invitent au contraire les victimes de ces affres à se relier à eux les plus forts. Mais la question est là : « que faire ? »

L’Evangile de ce Dimanche insiste sur la nécessité d’être reliés au Christ comme le sarment est relié à la vigne. Jésus se présente à nous comme "la vraie vigne". Il insiste sur le lien vital qui doit exister entre Lui et son disciple. Nous savons qu’un sarment ne peut vivre s’il est coupé du cep de vigne. De même, un disciple qui ne demeure pas en Jésus ne peut rien faire. Il n’a aucune utilité. Mais s’il est bien relié à son Seigneur, il donnera beaucoup de fruits.

Le verbe « demeurer », peut prendre ici le sens de « vivre avec ». Quand le Seigneur dit : « demeurez-en moi », il nous invite alors à vivre avec Lui. Il s’agit pour nous d’être vraiment attachés au Christ par la foi. Etre attaché au Christ, c’est l’aimer, lui faire confiance, croire en lui, c’est une conversion de toute une vie, c’est une communion permanente qui se vit dans la parole, les bonnes intentions et les actes concrets, comme nous le dit la première lettre de Saint Jean, que nous avons écouté dans la deuxième lecture.

Un jeune paralysé me parlait de sa relation intime avec le Christ en ces termes : « Je ne peux plus me passer de lui, de sa présence, de son aide ». Jésus est mon accompagnateur et mes béquilles. Alors je me suis intérieurement posé la question de savoir comment puis-je aussi rentrer dans une telle intimité avec le Christ ? Comment m’inscrire dans une si belle dépendance affective avec le Christ. La liturgie de ce jour nous propose la Parole de Dieu, les sacrements et la vie quotidienne, pour créer plus de paix et joie dans le monde entier.

Le chemin de la Parole de Dieu : Pour demeurer dans le Christ, il nous faut demeurer dans sa Parole. Il faut se donner du temps pour l’accueillir. Cette Parole de Dieu nous est donnée par la Bible, l’Évangile, une revue, un livre religieux, une radio chrétienne ou une émission religieuse de la télévision. Et bien sûr, nous n’oublions pas celle qui est proclamée au cours de la messe du dimanche. Nous devons nous interroger ? Est-ce que nous nous donnons du temps pour accueillir cette Parole ? On ne dira jamais assez l’importance du caté pour les enfants, d’une aumônerie ou d’une équipe de réflexion pour les jeunes.

Le deuxième chemin pour demeurer dans le Christ, c’est celui de la prière et des sacrements. La prière est le lieu par excellence de l’affirmation de notre liberté et de notre reconnaissance. Par elle Dieu s’insère librement en nous et nous nous insérons librement en Dieu. Et grâce à cette même prière, on « s’entre-tient », au sens de se soutenir les uns les autres ; au lieu d’abuser des hommes et des Etats les plus vulnérables. La prière nous aide donc à rester en communion avec le Christ. Cette communion se réalise aussi par les sacrements, en particulier l’Eucharistie.

Troisième chemin, celui de la vie quotidienne : Il n’est pas question de quitter notre vie de tous les jours ni de fuir ce bas monde plein de violence. Ce qui nous est demandé c’est de nous y enraciner et de porter du fruit. Ce qui fait la valeur d’une vie, ce n’est pas les belles paroles mais l’amour mutuel, les gestes de partage, d’accueil et de solidarité.

Garde-nous vraiment reliés à toi pour que notre mission porte les fruits que tu attends de nous.

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