Fiche 8 Mai 2018

jeudi 3 mai 2018, par JMRoche

La femme païenne – Matthieu 15, 21-28

Le contexte

Au début du chapitre 15, l’évangéliste nous fait assister à une discussion entre Jésus et des pharisiens et des scribes venus de Jérusalem. Ces moralistes et ces spécialistes des Ecritures critiquent les disciples de Jésus qui ne respectent pas les ablutions prescrites par la loi. Jésus leur répond en signalant des transgressions bien plus graves qu’ils admettent sans difficulté et il va au cœur du problème : « C’est du cœur que proviennent les pensées mauvaises : meurtres, adultères, inconduite, vols, faux témoignages, diffamations. C’est cela qui rend l’homme impur, mais manger sans se laver les mains ne rend pas l’homme impur. » (versets 19-20). La discussion en reste là car Jésus et ses disciples s’en vont en terre païenne, dans la région de Tyr et de Sidon.

- Une rencontre : « Voici qu’une Cananéenne... » (verset 22). Il s’agit d’une femme, païenne, encore plus éloignée de Jésus que la femme de Samarie que nous avons rencontrée au mois de mars. Ecoutons son cri de détresse : « Prends pitié de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » Que pensez-vous de cette manière de nommer Jésus Fils de David ?

- Le silence de Jésus : Nous sommes surpris ; comment comprendre ? Pourquoi Jésus ne répond-t-il pas à ce cri de détresse d’une mère ?

- L’intervention des disciples : Qu’est-ce qui les motive ? Est-ce vraiment la compassion ? Nous arrive-t-il d’avoir des réactions analogues pour préserver notre tranquillité ?

- Jésus s’explique (verset 24) : Comment comprendre ? Comment ces paroles nous révèlent-elles l’idée que Jésus se fait de sa mission à ce moment de sa vie ? Entendre : « Je n’ai été envoyé ... » (verset 24). Envoyé par qui ? « Mais elle vint se prosterner ... » (verset 25). Pour sauver sa fille, elle franchit tous les obstacles, rien ne l’arrête : « Seigneur, viens à mon secours ! »

Que de cris montent de notre terre ! Partageons ceux qui nous touchent davantage en ce moment.

Ecoutons la réponse de Jésus ; elle est remplie de bon sens : quels parents priveraient leurs enfants de nourriture au profit de « petits chiens » ? Pourtant, parfois, ce sont des humains qui sont ainsi rabaissés, traités comme des animaux … alors ? Elle est d’accord. Mais elle ajoute un élément décisif qui change tout : lorsque les enfants sont abondamment nourris, il y a beaucoup de miettes dont peuvent bénéficier ceux qui ne sont pas encore assis à la table de famille, les païens pour les Juifs du temps de Jésus. « Femme, ta foi est grande ! » Jésus reconnaît dans la réponse de la femme la présence d’une foi vivante. Que pouvons-nous en dire ? Cela correspond-t-il à notre conception de la foi ?

En revenant sur la fin de ce passage, nous mesurons la sincérité de cette femme qui ne triche pas avec sa condition de païenne. Jésus, lui non plus, ne triche pas avec sa condition d’envoyé du Père, mais cette femme de foi lui révèle qu’il a déjà bien rempli sa mission, que les brebis perdues de la maison d’Israël ont reçu une abondante nourriture et que des miettes de vie, d’amour, de guérison sont disponibles pour ceux qui s’approchent de Jésus, guidés par l’Esprit.

Laissons remonter à notre mémoire ces hommes, ces femmes qui nous ont étonnés par la sincérité de leur foi et qui ont élargi notre horizon. Pensons à Gandhi qui a aidé bien des chrétiens à découvrir la non- violence dans le combat pour la justice ... et d’autres encore !

Et nous, aujourd’hui ?

Nous approchons de fa fin de cette année : prenons le temps de partager ce que nous avons reçu les uns des autres dans le groupe, comment la parole de l’un ou l’autre a élargi notre horizon, a ouvert notre cœur à l’intelligence des Ecritures, les perles que nous avons recueillies.

Prions ensemble

Voyons aussi ce qui pourrait encore améliorer nos rencontres … et rendons grâce ensemble au Seigneur en inventant notre louange comme saint Paul nous y invite :

« Par-dessus tout cela, ayez l’amour qui est le lien le plus parfait ... vivez dans l’action de grâce. Que la Parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse ; instruisez-vous et reprenez-vous les uns les autres en toute sagesse ; par des psaumes, des hymnes et des chants inspirés, chantez à Dieu, dans vos cœurs, votre reconnaissance. Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père. » (Lettre aux Colossiens 3, 14-17).

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