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Homélie du 15ème dimanche ordinaire

samedi 28 juillet 2018, par JMRoche

15ème dimanche du temps ordinaire - Année B

La raison pour laquelle Jésus a choisi les disciples c’est pour être avec Lui et pour être envoyé. Avec le texte d’aujourd’hui, Jésus appelle les douze, et pour la première fois il les envoie et leur donne pouvoir sur les esprits mauvais avec trois consignes. Mais je voudrais m’arrêter sur deux consignes qui me touchent toujours et me font réfléchir.

Aller deux par deux : Envoyer deux par deux semble une pratique habituelle de Jésus. Peut-être il y a aussi là la trace de la coutume juive : « On se sent plus fort quand on est deux : en cas de chute, l’un relève l’autre » (Qohéleth 4,9). En effet, l’évangélisation, elle aussi n’est pas une affaire individuelle. Spirituellement parlant, le fait d’être envoyé deux par deux montre la plénitude de l’amour ; c’est-à-dire l’amour de Dieu et celui du prochain. Donc, on peut être envoyé tout seul en ayant en nous l’amour de Dieu et celui du prochain. Dans ce cas-là notre solitude n’est jamais vide, elle est toujours habitée.

N’emporter que le stricte nécessaire : Il leur prescrit de ne rien emporter pour la route, si ce n’est un bâton ; de n’avoir ni pain, ni sac, ni pièces de monnaie dans leur ceinture. Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. Manifestement, les envoyés sont invités à être des hommes libres, désencombrés dont la seule assurance est la parole de celui qui les envoie. Le bâton indique la confiance, les sandales soulignent la prudence et la tunique désigne l’appartenance (= Baptisés dans le Christ, nous sommes revêtus du Christ).

Aller deux par deux, n’emporter que le stricte nécessaire font parties des conditions recommandées par Jésus pour ceux qui veulent le suivre car la mission des envoyés exige mobilité, disponibilité, liberté d’esprit. Devant tout cela, la persécution est inévitable. La première lecture nous en donne un cuisant exemple avec Amos : au bout de quelques mois seulement de prédication, il a été renvoyé : « Toi le voyant, va-t’en d’ici. Ici à Bethel, arrête de prophétiser. Amos répondit à Amazias : je n’étais pas prophète ni fils de prophète ; j’étais bouvier et je soignais les sycomores mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau et c’est lui qui m’a dit – vas, tu seras prophète pour mon peuple »

A ce propos, le Pape François est clair : « Celui qui veut suivre le Christ doit suivre le même chemin que lui : un chemin d’abaissement, qui finit par la croix. Donc, il n’est pas possible de supprimer la croix de la route de Jésus et des chrétiens. Elle est toujours là. Quand un chrétien n’a pas des difficultés dans sa vie et que tout va bien, tout est beau, quelque chose ne va pas, comme s’il avait cédé à la tentation de suivre l’esprit du monde plutôt que Jésus. Quoi qu’il en soit, le chrétien ne doit pas chercher à souffrir, mais comme il suit Jésus par amour et quand on suit Jésus par amour, l’envie du diable peut faire tant de choses ».

En ce jour, Seigneur, tu veux nous ramener à l’essentiel. Libère-nous de tout ce qui nous encombre. Que la force de ta parole et le souffle de ton Esprit nous rendent disponibles pour être les témoins et les messagers de ton message d’amour et de réconciliation.

Fr. Rakotomalala Jean Elie, Ocd

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